Pauvre dollar

Pauvre dollar

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Entre dos rond et gros ventre 

La ligne verticale le tient au garde à vous.

 Tiens toé drète lui assigne son archétype.

On peut tout dire sur lui.

Il est sale. Il n’a pas d’odeur. Il ne fait pas le bonheur. Il est le nerf de la guerre.

On le traite de tous les noms – fric, pognon, radis, foin, trèfle.

On le mélange au temps et les plus illuminés à l’énergie.

Il fond dans les mains.

On peut même le jeter par les fenêtres.

D’autres le mettent de côté.

On l’aime, on le méprise, on lui en veut

Et pourtant il se dépense sans compter. Toujours prêt est dans son intérêt

On le place, le déplace d’une bourse à l’autre.

Il se fait sonner de caisse en banque. Et il encaisse.

De main à main, de poche en poche, une monnaie courante s’essouffle depuis des siècles.

S’il ne s’épargne pas, il risque d’être à court.

Pour ne pas être dans le rouge, il en fait trop.

Pour ne pas être à sec, il devient liquide.

Il n’est pas déçu au soir venu de dormir dans un compte d’épargne

Il gèle si on le met à la retraite. Ça lui prend des couvertures!

Lorsque pris la main dans le sac, il est confondu.

Par-dessus tout, il aime être touché et déposé.

Il se prête aux avances sans tracas.

Car c’est votre intérêt qui compte!

 Enserré dans un rouleau pour la banque, il en fait une crise d’identité.

De métal et papier, il devient plastique. Léger et volatile, il se fait plus ratoureux.

Il tend des pièges à jeunes. Des arnaques aux vieux.

Au noir de sa vie, il est voué aux désirs matériels plus qu’à l’avenir.

Il a une réputation qui laisse à désirer encore et plus.

Avec ses capitaux, il connaît tous les péchés du monde.

Il lui arrive de s’envoler dans des pays qui l’abritent.

Dès lors il n’a plus d’adresse, il ne balance plus.

Il se croit au paradis mais se retrouve dans la $ervitude d’un pays appauvri.

En finale, il perd à vouloir gagner.

On se vend pour lui. On tue pour lui.

Pour lui  on opère des coups bas sans vergogne.

Il compte des ruines à son actif.

Acheter et vendre est son lot. Ces verbes se font chers.

Apprécié pour sa valeur d’assurer l’existence, il est comptant et prodigue son avoir

Budgéter est sa qualité. Collectionner, sa vanité.

Il déteste être entassé par l’avaricieux avide, par les forts qui ont du coffre.

Sous les matelas, il entend des plans scabreux qui lui font dressé la ligne verticale.

Les casinos, les lotos l’étourdissent.

À tourner sur lui-même comme un trente sous, il se sent bien penaud

Il préférait les juke-boxes, les téléphones publics et les secrets des amoureux.

Il adore être ramassé sur le trottoir alors qu’il est un petit sou noir.

Dans la poche du sans-abri, il aime écouter les souhaits du cœur.

Il se love auprès des pauvres, des indigents dans leurs bas de laine

Enfermé dans des p’tits cochons, il s’endort. Au réveil il réalise des rêves d’enfants.

Il aime travailler pour une Cause, si petite soit-elle.

Ses réalisations le plus fières deviennent Or.

Il a été créé pour $ervir, initialisé sous le $ceau de l’équité.

Il aime donner et recevoir.

C’est dans la justice qu’il trouve sa paix.

On dit qu’il mène le monde.

Au fond, c’est le monde qui le malmène!

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