Philosophe de rue

Par un dimanche nuageux de fin d’automne, je m’élance vers le marché.

Un vent d’en au-dessous de zéro siffle gentiment, rafraîchit les visages.

Je croise un jeune homme qui porte deux sacs d’épicerie assez pesants.

« Ne lâchez pas! », que je lui envoie. Au retour de l’épicerie, pensai-je, c’est moi qui porterai les deux sacs….

Légers, bien balancés, accrochés à mes mitaines…allègre, j’avance, intercepte un homme au regard clair et oh! attentif à ce qui l’entoure….

Dans ce panorama,  le regard d’un autre homme au passage, celui-là en position d’ écoute au milieu de deux femmes.

Ça fait bien deux hommes sensibles et à l’écoute que je vois d’affilée !!

Grimpant le trottoir de la rue Walton, de l’autre côté de la rue, deux femmes aux pieds lourds conversent, n’entendent pas à quelques mètres d’elles l’exclamation de ma chute sur les genoux.

Je m’étonne soudain de ces séquences!

Un correspondant spécial

Solo en mode majeur

Mes fils et leur groupe Misteur Valaire arrivent de Paris après une tournée  musicale  en France. Je reçois un courriel «Alarme Guillaume arrive». Émue, je pense : Mais c’est Fiston qui m’envoie son clin d’œil d’arrivée du haut de l’avion!

Je réponds emballée  à l’objet d’envoi : Guillaume est arrivé.

« Petit magicien, tu as trouvé le moyen de m’envoyer ce courriel de l’avion. »

Comment t’as fait?  Je suis chez moi demain. J’ai  hâte de vous entendre me raconter votre  aventure. Bécots, Francine »

Il me répond prestement de la même manière : Alarme Guillaume est arrivé.

Bon, me dis-je, tu m’entends, tu ne peux répondre, c’est ça ? Les ondes sont magiques.

Un retour du même courriel à la seconde près : Alarme Guillaume est arrivé.

Interrogative je réponds une dernière fois « Bonne nuit étoilée. »

Je me couche là-dessus, me disant que si j’écrivais dans l’objet de l’envoi, il verrait  mon message et nous pourrions communiquer !!

Je me sentais comme Graham Bell qui voulait rejoindre sa grand-mère.

Je me relève à 23 :08 et j’écris succinctement dans l’objet de l’envoi « Coucou vous tous.

Un retour bête et froid du courriel avec le même titre entêté . Je m’endors là-dessus. Je me relie plutôt à eux en pensée.

Le lendemain, après une petite conversation avec mon aîné, je saisis penaude que je venais de  correspondre avec mon premier courriel électronique, programmé dans mon le agenda aussi électronique. J’attendais leur arrivée à 2h40 de la nuit; leur entrée au pays se fit plutôt en après-midi, à mon insu.

Pendant que j’ envoyais mes ondes maternelles, 6 heures plus tard, dans la marée de mes brouillards, mes petits hommes dormaient.

Des mots de chair pour un cyber-monde

Sept écrivantes se rencontrent autour d’une table.

Des papiers, du crayon, des carnets de notes déplient leur passion d’écrire.

Dans la salle du Café  jeunes femmes, jeunes hommes sont répandus solitaires,

fixés à leur petit déjeuner et à leur ordinateur.

Non loin des plumes exposent les traits de leur âme, habillent de mots les mûrs de La Brûlerie.

Leurs paroles fusent enthousiastes et joyeuses.

La génération X et Y ne bronche pas.

Ils clavardent, naviguent en roi et maître sur un monde dont ils redéfinissent les contours.

Je ne serai pas rassurée tant que mes mots ne seront pas chair pour notre monde.

Chacun son occupassion!

La canne mère-poule

Au Centre Jardin d’Acton Vale.

Il y a là une canne en mal d’être mère. Elle couve infatigablement ses œufs sans qu’ils ne puissent être fécondés par un mâle.
Devant cette observation, la propriétaire du lieu dépose dans le nid infertile un œuf de poule.

Depuis cette maternité, la canne n’est plus retournée à l’eau. Elle suit partout son bébé poussin.

Le poussin en rang avec les autres poussins suit sa mère poule. La mère canne est toute dévouée à sa seule progéniture.

Depuis la mère poule n’est plus jamais seule avec ses petits.

 

Je ne te l’ai jamais dit, mon fils, je ne suis pas ta vraie mère.
Tu es Fils de la Lumière.

Elle aussi me suit partout!