La couleur des sentiments – Film

 

Noir et blanc, c’est la couleur de notre humanité c’est l’alchimie de la vie, de plusieurs vies. C’est le plomb qui se transforme en or dans le feu du monde.

Esclavage ou liberté, ombre ou lumière, des non-dits qui se fraient des mots et libèrent leur vérité.

Noirs ou blancs, qui des deux est le plus captif?

Seul le courageux peut s’affranchir de sa prison.

Ce film me confirme qu’il n’y a pas de place pour un homme dans ma vie actuellement et qu’il y a une écrivaine dans la famille

et c’est moi.

Neige – de Maxence Fermine

Ce conte initiatique est un grand verre d’eau fraîche que je bois d’une traite.

Un livre qui ne parle pas, mais qui regarde et écoute.

Un livre silencieux entre inspir et expir, entre vie et mort.

Un livre au souffle court, qui en dit long sur l’amour.

 

Un voyage initiatique, « un voyage sans bouger » « un voyage vers le soleil de son cœur », où le seul compromis à la blancheur est l’éventail des couleurs de l’arc en ciel.

Il laisse néanmoins, en fin de lecture, une traînée blanche dans mon ciel intérieur.

 

L’auteur, qui n’est pas japonais, exhale la beauté, l’équilibre et la droiture avec tout le raffinement et la pureté de la tradition. Entre parchemin de soie, encre, cérémonie de thé et saké, une écriture sobre déambule «sur un fil, à hauteur de rêve».

Une atmosphère de détachement laisse place à l’élégance des sentiments.

 

À travers ce livre, cinquante trois petits chapitres.

Une, deux, trois pages. Jamais plus.

J’élis les courts textes. Ils vont droit à l’essentiel.

En connaissez-vous d’autres livres comme celui-là, avant que j’écrive le mien?

 

« Ce n ‘est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.  »

      Christian Bobin

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Une vie bouleversée-Etty Hillesum

Chère Margot,

 

Merci pour le livre « Une vie bouleversée » d’Etty Hillesum.

Je lis un recueil nourrissant par décennie. Et voilà que, dans ma cinquantaine avancée, ce journal biographique me tombe dans les mains grâce à toi. Il m’a tenu en éveil du début à la fin. Point n’est besoin de te dire que je l’ai acheté et que je recommence à le lire.

Comme nos vies sont étranges dans leur dessein! Etty ne savait certainement pas, au moment où elle vivait et écrirait ces pages qu’elle ouvrirait autour d’elle autant de portes. Ses fragments de vie intérieures demeurent à jamais en ma mémoire, surtout ceux qui sont imprégnés de la simplicité grandiose d’un cœur qui aime sans répit, au-delà de la haine et de l’incompréhension du monde.

Ces lignes se posent sur la trame profonde de mon être et participe au tissage de ma déitude. J’ai la nette impression ces dernières semaines, dans cette communion des âmes, que je me suis fait une amie. Ses penchants naturels, ses aspirations, sa recherche de vérité me ressemble étonnamment.

Dépouillée de toutes religions et traditions, elle se lance dans une plongée au centre de sa vie. Elle interroge constamment ses pensées et ses sentiments. Elle trouve sa Source, son Dieu dans la couche la plus profonde, la plus riche d’elle-même où elle apprend à s’agenouiller et se recueillir.

J’ai saisi Sa vérité qui est redoutable et fort engageante : dans son grand Silence, Dieu a besoin d’hommes et de femmes responsables.  Il a besoin de chacun de nous.

«  Tu te tais, mon Dieu, tu n’as que ma bouche pour crier, ma bouche pour parler, mes mains pour faire. »

C’est ainsi qu’elle s’est fait don généreux et visage rayonnant de son Dieu. Elle a retroussé ses manches et accepté de se forger à l’épreuve. De là, elle a choisi de servir et d’approfondir l’Amour. Elle s’est tenu debout, dans la boue et la fatigue, déterminée à aimer Dieu à travers ses frères et sœurs. Elle s’est hissée au-dessus des jugements et de la tentation de haïr. Elle se faisait simplement témoin de son époque.

Comme Etty Hillesum, je sais que tu peux dire de ta vie, chère Margot: « En dépit de tout, cette vie est belle et riche de sens ».

Puissions-nous aussi par notre écriture nous rapprocher du meilleur de nous-même.

Tous mes respects,

Francine

 

Marie Folie

Marie Folie

Seule, je me rends au cinéma, attirée par cette Folle de Dieu qui fait encore se déplacer les êtres que le Nom de Dieu n’éloigne pas. Dans la petite salle, ce soir-là, quelques douzaines de personnes se logent près du cœur d’une grande dame du XV11è siècle, Marie Guyart dite Marie de l’Incarnation. Ce documentaire biographique ressemble davantage à un suspense spirituel nous présentant l’intense comédienne Marie Tifo. Elle tente de percer le mystère de cette femme hors du commun et d’entrer progressivement dans la peau de la Sainte. Afin de mieux lui donner voix et corps, elle est guidée par des historiens. Ils lui ouvrent des pans de  vie de sa nature profonde à travers la correspondance de cette infatigable écrivaine. Elle se sera entretenue toute sa vie avec son fils, Claude Martin, qu’elle a quitté à ses 12 ans pour une vie moniale. L’artiste chorégraphe Marie Chouinard lui donne des moyens concrets pour incarner et transpirer toute l’ardeur nécessaire du personnage de cette femme passionnée au grand Amour pour son Époux divin.

Avec ces trois Marie,

Je rentrai chez moi

Embrasée.