Photos et textes

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L’ego

Ou il te ronge le coeur

Ou c’est le coeur qui le mange

L’un résiste à mort

L’autre persiste à vie

 


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J’ai vu ses verts printemps

J’ai vu ses verts printemps

Le luxuriant de ses étés

Ses feuilles d’automne ensorcelées

Puis la dame se dépouilla

Revêtit sa robe blanche

luxuriant de ses étés

Ses feuilles d’automne ensorcelées

Puis la grande dame se dépouilla

Revêtit sa robe blanche

 


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Es-tu tanné?

Dans le fond de tes poches

Les clés de ta prison


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 Deux guides entraînent les cailloux

« Arrimez-vous à votre centre

Nous referons la galaxie

 

 


 

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Ça s’en vient
Quoi?
Ton ouverture

 

 


 

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 Patati et Patata ont choisi de germer ensemble
Faire des rejetons de nouvelle terre
 Des bedondaines aux joues rouges, jaunes et blanches
Des pochetées de p’tits bonheurs
Pour le palais des rois

 


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Quand je déambule dans une foule
Il y a en moi quelque chose qui s’élargit
Du haut de mon cœur
comme l’homme juché sur ses échasses (en vert lime)
Je vois ce que je n’aurais jamais vu- atterrée dans ma solitude
Je vois dans ce monde en marche de nouveaux printemps
Quelque soit la Cause, m’exprimer ça me fait de l’effet!

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Ça va mieux à deux!
Dans la même direction, chacun son bout
Le pied léger, la main plus forte
Plus ou moins égal dans la balance?!
Pas grave.
C’est le meilleur de soi qui est en marche

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De l’assemblée une voix s‘élève

Unique parmi toutes

Nœud papillon au cœur

Devant sa vérité de ciel et de terre

Les pensées deviennent louanges


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À mes paupières mi closes

Un clin d’œil clignote

Barbouillé de l’air du temps

Sourit

Mon sourire intérieur


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Nid déserté

Cœur en hiver           

Halte pour rêver

 

 

 


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Après les chrysanthèmes

Roses des gelées roses de novembre

Sur ces matins qui font carême

Vous embrasez malgré la froidure

Comment ne pas offrir ma robe tendre

Jusqu’à en épouser la brûlure

 


 

 

 

 

 

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Pauvre dollar

Pauvre dollar

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Entre dos rond et gros ventre 

La ligne verticale le tient au garde à vous.

 Tiens toé drète lui assigne son archétype.

On peut tout dire sur lui.

Il est sale. Il n’a pas d’odeur. Il ne fait pas le bonheur. Il est le nerf de la guerre.

On le traite de tous les noms – fric, pognon, radis, foin, trèfle.

On le mélange au temps et les plus illuminés à l’énergie.

Il fond dans les mains.

On peut même le jeter par les fenêtres.

D’autres le mettent de côté.

On l’aime, on le méprise, on lui en veut

Et pourtant il se dépense sans compter. Toujours prêt est dans son intérêt

On le place, le déplace d’une bourse à l’autre.

Il se fait sonner de caisse en banque. Et il encaisse.

De main à main, de poche en poche, une monnaie courante s’essouffle depuis des siècles.

S’il ne s’épargne pas, il risque d’être à court.

Pour ne pas être dans le rouge, il en fait trop.

Pour ne pas être à sec, il devient liquide.

Il n’est pas déçu au soir venu de dormir dans un compte d’épargne

Il gèle si on le met à la retraite. Ça lui prend des couvertures!

Lorsque pris la main dans le sac, il est confondu.

Par-dessus tout, il aime être touché et déposé.

Il se prête aux avances sans tracas.

Car c’est votre intérêt qui compte!

 Enserré dans un rouleau pour la banque, il en fait une crise d’identité.

De métal et papier, il devient plastique. Léger et volatile, il se fait plus ratoureux.

Il tend des pièges à jeunes. Des arnaques aux vieux.

Au noir de sa vie, il est voué aux désirs matériels plus qu’à l’avenir.

Il a une réputation qui laisse à désirer encore et plus.

Avec ses capitaux, il connaît tous les péchés du monde.

Il lui arrive de s’envoler dans des pays qui l’abritent.

Dès lors il n’a plus d’adresse, il ne balance plus.

Il se croit au paradis mais se retrouve dans la $ervitude d’un pays appauvri.

En finale, il perd à vouloir gagner.

On se vend pour lui. On tue pour lui.

Pour lui  on opère des coups bas sans vergogne.

Il compte des ruines à son actif.

Acheter et vendre est son lot. Ces verbes se font chers.

Apprécié pour sa valeur d’assurer l’existence, il est comptant et prodigue son avoir

Budgéter est sa qualité. Collectionner, sa vanité.

Il déteste être entassé par l’avaricieux avide, par les forts qui ont du coffre.

Sous les matelas, il entend des plans scabreux qui lui font dressé la ligne verticale.

Les casinos, les lotos l’étourdissent.

À tourner sur lui-même comme un trente sous, il se sent bien penaud

Il préférait les juke-boxes, les téléphones publics et les secrets des amoureux.

Il adore être ramassé sur le trottoir alors qu’il est un petit sou noir.

Dans la poche du sans-abri, il aime écouter les souhaits du cœur.

Il se love auprès des pauvres, des indigents dans leurs bas de laine

Enfermé dans des p’tits cochons, il s’endort. Au réveil il réalise des rêves d’enfants.

Il aime travailler pour une Cause, si petite soit-elle.

Ses réalisations le plus fières deviennent Or.

Il a été créé pour $ervir, initialisé sous le $ceau de l’équité.

Il aime donner et recevoir.

C’est dans la justice qu’il trouve sa paix.

On dit qu’il mène le monde. Au fond c’est le monde qui le malmène.

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Le citron et la citrouille – Une histoire de noyaux

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Un matin frisquet d’automne, une citrouille est flanquée à la porte.

Sa double vie était commencée! Il faut bien une tête d’affiche pour faire un pied de nez à l’été terminé!

Éventrée, vidée de sa semence, décoiffée, de gros ventre elle devient tête vide.  Découpée, sculptée, décorée, la voilà transformée en lanterne, sans doute en mémoire des marmites et des carrosses.  C’est dans sa chair aspergée d’un jus acide qu’elle fait connaissance avec le citron.

Tenez le coup ma belle! Il ne faut pas pourrir. Qui êtes-vous, rétorqua la citrouille?

Je suis le citron. Où sont vos potages, vos tartes et vos biscuits?

Sur le poêle, je mijote. Vous semblez me connaître à merveille.

Je vous vois bien pressé!

Pressé! Me dites-vous? Ça n’arrête pas. Moi, c’est à l’année.

Excusez-moi, j’ai un appel. Vous désirez? Oui, bien sur comme toujours.

Combien? Trois purifiants, deux hydratants, un émollient. Convenu.

Que disiez-vous?

Grattant la peau coriace de son pédoncule, la citrouille en profite pour se plaindre.

Je crois que j’ai écopé du damné sortilège de la reine du pays d’Alice.  Ils me déchiquètent dans tous les sens, sans scrupule. Ils m’étourdissent avec ces têtes de carême. Une soirée en vedette puis ils m’abandonnent sur les balcons, gelée, entourée de feuilles mortes.

Allons! Ce n’est qu’un cafard. C’est le prix pour être la Reine d’octobre! Regardez plutôt  tous ces regards qui sourient en votre compagnie! 

Voyez  ma vie de fortune pour vous consoler. Je soulage les rhumes. Je nettoie les doigts jaunis. Je blanchis les dents. Je ne reçois que des grimaces!  Dans les produits nettoyeurs, les shampoings, les cosmétiques, on tire mon jus, sans parler de mon zeste, jusqu’à la dernière goutte pour terminer comme une coquille ratatinée. Je pourrais me sentir exploité. Je choisis de me rendre utile. Je suis le pauvre des étalages. J’ai au moins la notoriété d’être un Prix Citron!

Je suis jaune de rire. Le soleil sur moi se complaît en bienfaits. C’est ce qui m’importe. Dites-moi, serions-nous de la même parenté?

Vous m’en donnez envie, s’exclame la citrouille. À vous voir aller, je ne peux me figurer un citron qui a la trouille. 

Si peu de pépins et autant de possibilités, voilà un petit qui donne gros, songe la citrouille.

J’ai de la graine, réalise la citrouille.  Ne pas être à la hauteur serait une farce !

Pas de déconfiture, madame. Sortez de votre carrosse, sautez dans la marmite, cuisinez votre substance.

Qu’importe. Offrez ce que vous voulez recevoir.  Votre don sera votre gloire!

 

 

 

Une nouvelle qui rafraîchit

J’aperçois à une table du resto un père qui lit le journal au nez de son fiston pendant qu’ils attendent leur commande. Je sourcille. J’étais loin de me douter que mon envie de croustilles grecques me propulserait à la table de mon enfance où mon père lisait aussi son journal chaque matin, sans nous porter attention.

Je reconnais en cet homme la présence qu’il accorde à son enfant. Il me permet de relativiser mes jeunes impressions d’absence. Je vois que mon père lisait tout simplement le journal à nos côtés.

Le soir venu, j’ai quand même pris deux capsules d’enzymes pour digérer mes croustilles.

Recommencement

 

 

Lysimaques

 

 

 

 

 

Dans un coin enchanté

Des lysimaques se font remarquer

Au-dessus des cols de cygne gracieux

Une mère et sa fille se font complice

Une inconnue

Un brin délinquante

Ma mère sans gêne

 

Toutes les boutures lui sont permises

Un accord tacite et nos mains s’entrelacent

Des rires fusent

Le miroir éclate

S’ouvre nos prisons

Les lysimaques pointent un nouvel horizon

Elle graine, moi fleur

Peu importe

Le cœur est de même couleur