Photos et textes

 

 

 

 

 

Tiens, tiens…
Une surprise se trémousse sur le plancher.
Je fais le ménage sous mon ancien frigo pour recevoir le nouveau – quelques lettres magnétiques aux mains de mes tout petits s’étaient poussées en dessous, mine de rien.
Stupidement étonnée, faire une phrase me titille.
Peut-on penser qu’un message puisse apparaître dans cette poussière ?
Décidément, j’ai à faire avec les lettres … et c’est par terre qu’elles me surprennent !
Tout se rassemble en un tour de main.
Magie ? Coup du hasard ?
Un coup de dés aligné, un dessein pour toucher mon cœur.
Est-il défendu de voir le clin d’œil de Celui que j’aime ?
Frisson
Dans l’eau d’ici
Je te reçois de l’au-delà
Je fais la vaisselle
Et toi? Que fais-tu là haut?

 

C’est la dépouille de Tomate

Racines, tiges et feuilles à enfouir

Seule la graine demeure

Dans les entrailles de la terre

Sur mon essuie-tout

Une autre saison attend

 

Il y a des terres si sèches qu’elles ne prennent plus l’eau. Je l’ai appris cet été de la fée des tomates.

Elle me tape sur les doigts avec sa baguette. « Hé! C’est la sécheresse dans tes pots! Tes plants ne prennent pas l’eau. « Arrose en p’tites quantités, un peu à la fois et souvent, me dicte t’elle »

Rien à faire. Ça ne se rend pas aux racines. Elle lâche sa baguette, brasse la terre de ses mains vigoureuses, humant le parfum tomaté qui l’enivre tant. La terre retrouve petit à petit son humidité. La vie reprend. Les feuilles se défrisent à vue d’œil. Les fleurs s’éclatent du rire jaune vif, s’étirent puis se gonflent.

De même pour les cœurs durs que l’amour ne pénètre plus, des cœurs en craquelures d’une soif inextinguible, à qui il faut donner, au soûl de leur désespérance, à boire et petit à petit et souvent. Mon cœur et le tien.

 


p1090748

L’ego

Ou il ronge le coeur

Ou c’est mon coeur qui le mange

L’un résiste à mort

L’autre persiste à vie

 


p1090594

J’ai vu ses verts printemps

 

J’ai vu ses verts printemps

Le luxuriant de ses étés

Ses feuilles d’automne ensorcelées

Puis la dame se dépouilla

Et revêtit sa robe blanche

luxuriant de ses étés

Ses feuilles d’automne ensorcelée

Puis la grande dame se

 p1090238

Es-tu tanné?

Dans le fond de tes poches

Les clés de ta prison


 P1080180

 Deux guides entraînent les cailloux.

« Arrimez-vous à votre centre

Nous referons la galaxie. »


P1080117

Ça s’en vient
Quoi?
Ton ouverture

DSCN5557

 Patati et Patata ont choisi de germer ensemble
Faire des rejetons de nouvelle terre
 Des bedondaines aux joues rouges, jaunes et blanches
Des pochetées de p’tits bonheurs
Pour le palais des rois

DSCN4322

Quand je déambule dans une foule
Il y a en moi quelque chose qui s’élargit
Du haut de mon cœur
comme l’homme juché sur ses échasses (en vert lime)
Je vois ce que je n’aurais jamais vu- atterrée dans ma solitude
Je vois dans ce monde en marche de nouveaux printemps
Quelque soit la Cause, m’exprimer ça me fait de l’effet!

DSCN0196

Ça va mieux à deux!
Dans la même direction, chacun son bout
Le pied léger, la main plus forte
Plus ou moins égal dans la balance?!
Pas grave.
C’est le meilleur de soi qui est en marche

DSCN0975

Nœud papillon au cœur

Une voix s‘élève de l’assemblée

Unique parmi toutes

Devant son message de ciel et de terre

Les pensées deviennent louanges


P1040311

 

À mes paupières mi closes

Un clin d’œil clignote

Barbouillé de l’air du temps

Sourit

Mon sourire intérieur

 

 


 dscn5068

Nid déserté

Cœur en hiver           

Halte pour rêver

 

 

 


P1050457

 

 

 

 

 

 

Après les chrysanthèmes

Roses des gelées roses de novembre

Sur ces matins qui font carême

Vous embrasez malgré la froidure

Comment ne pas offrir ma robe tendre

Jusqu’à en épouser la brûlure


 

Surjeteuse

Des mots épinglés, des mots tels que travail lâcher prise transformation qui me donne du fil à retordre.

D’autres, en tête d’épingle, présence réceptivité attention arrivent à se déposer sur la table à assembler. Ces mots me donnent du matériel. Des mots emmaillotés au fuseau du mon quotidien s’embobinent au bonheur d’écrire, pour habiller les petits riens.

Ils sont ma récolte du dé à coudre. Un peu chaque jour est ma devise.

Je collectionne des morceaux de toutes sortes au hasard de mes allées venues pour la courtepointe de mes p’tits bonheurs, ils se faufilent pleins d’anecdotes et d’histoires de pantoufles à dormir debout pour mes tout petits. Ça donne des fragments décousus, pas toujours faciles à coudre!Tout est bon pour la couturière.

Je me fais des listes de modèles pour de nouveaux projets, des listes de titres que j’invente, juste parce que c’est beau à entendre – la maison escargot- histoires de jeux de cartes- un matelas et un sofa. Ça donne de l’étoffe à mon imagination.

Il y a aussi partout étalés sur ma table des titres, comme des cadavres exquis à qui on redonne vie. Ils ressemblent à un patron. Un patron de papier journal. Ça me plaît bien, de temps en temps, de faire du neuf avec du vieux.

Comme je n’achète pas dans les grandes surfaces, je choisis mes tissus un à un, dans les bazars près de chez nous.

Vous pouvez être assuré de leur harmonie! Voyez dans mon coffre.

Celui-ci, un moulin à vent au-dessus des plants de patates.

Le vent s’étourdit de couleurs vives et s’enivre au parfum des azalées.  

On dirait un poème minuscule qui habite derrière chez moi.

Je pourrais en faire un récit ou une nouvelle ou même un roman pour chaque pièce tellement elles sont uniques et spéciales.

Malgré les surplus, je m’épargne ces trop grands projets.

Pourquoi faire long quand on peut faire court?

Les haïkus et les haïbuns sont si colorés. Il se pique au zigzag et donne de l’éclat.

Pour bien réussir, il s’agit d’aller dans le droit fil et garder le fil de trame.

Ma courtepointe vous paraît-elle dépareillée! Pas autant que les miettes philosophiques entassées dans mon carnet.

Dans l’éventail de tous ces éléments épars se glissent des anamnèses.

Des quoi…? Ces poussières de passé, qui viennent se déposer de but en blanc sur la table. N’empêche qu’elles me tirent de nouvelles idées.

Voyez sur les côtés, j’ai surfilé des traits comme rubans aux couleurs du temps. Ça fait joli et propre.

Penchée sur mon travail, j’aligne de nouvelles phrases. Y’a les perles qui se révèlent à l’occasion. Mais le plus souvent, les phrases sont effilochées et me demandent plus de temps pour l’ourlet. Ça finit par faire des textes resserrés comme un corset bien ficelé.  

Je mets la pédale douce. Mes mains voyagent sur de longues étendues, des idées plein la tête. Elles font l’emphase de ma journée et la rêverie de mes nuits.

Je suis au service d’une grande dame capricieuse, qui aime être habillée de tous les styles, je ne vous dis pas!

Surjet : Couture consistant à passer le fil dans plusieurs cahiers ou feuillets à la fois en les maintenant avec une chaînette.
Surjeteuse : Ouvrière chargée d’effectuer les surjets

 

Philosophe de rue

Par un dimanche nuageux de fin d’automne, je m’élance pour une marche. vers le marché.

Un vent d’en au-dessous de zéro siffle gentiment, rafraîchit les visages.

Je croise un jeune homme qui porte deux sacs d’épicerie assez pesants.

« Ne lâchez pas! », que je lui envoie, en toute spontanéité.

Au retour de l’épicerie, pensai-je, c’est moi qui porterai les deux sacs….

Légers, bien balancés, accrochés à mes mitaines…allègre, j’avance, intercepte un homme au regard clair et oh! attentif à ce qui l’entoure…. Il semble refléter la position d’équilibre et d’agrément de mon exercice. Est-il kinésiologue? Projection, ma cocotte!!

Au panorama de mon parcours,  le regard d’un autre homme bifurque vers moi au passage, celui-là au milieu de deux femmes en position d’ écoute.

Oh! j’me dis…!  Ça fait bien là deux hommes sensibles et à l’écoute que je vois d’affilée !!

Grimpant le trottoir de la rue Walton et de l’autre côté de la rue, deux femmes aux pieds lourds conversent, n’entendent pas l’exclamation à quelques mètres d’elles ma chute à genoux.

Je m’étonne soudain de ces séquences… assez similaires pour vous les écrire!

J’épargnerai la philosophe de rue de faire une thèse sur les deux principes masculin et féminin qui cohabite en l’être humain.

Un jour, peut-être…

 

Pause

 

 

Pause

 

À la Source de tout jaillissement, une halte m’est proposée

Se poser en Soi

Se déposer dans le silence du coeur

Se reposer dans l’Être

Entreposer des réserves de vie unifiée

Ne pas s’interposer entre la Présence Suprême et Son Œuvre de transmutation

Un abandon qui suppose l’union au plus réel de nos vies

Oser le face à face de la tête au cœur

Transposer faiblesses, conflits, difficultés en Victoire sur la souffrance

À disposer de ces forces renouvelées,

on ne peut que s’affranchir des peurs, manques, et limitations.

Imposer sa volonté à la seule liberté de se confier à Sa Vie, dans Sa Paix

Apposer le sceau du contentement sur tout accomplissement

Comment s’opposer à la grâce du souffle libérateur qui embrase et transforme

Qui peut mieux composer l’Hymne à l’Amour

Qu’un cœur qui renaît de ce qui l’a décomposé

 

Divine rosée

Fraîcheur sur mon âme

Allège mon joug

Dégringolade

Tire le rideau, me coule un bain, qui apparaît?

P’tit canard, au bas d’une dégringolade, la tête dans le savonnier.

« Qu’est-ce que tu fais là? »

« Je me savonne la tête. Et toi? » a-t-il coutume de me demander.

Languissante dans l’eau chaude, médusée je l’entends me dire :

 » À l’envers comme ça, je vois mieux ton coeur »

J’ai fondu et le savon aussi.

 

Pauvre dollar

Pauvre dollar

$$$

Entre dos rond et gros ventre 

La ligne verticale le tient au garde à vous.

 Tiens toé drète lui assigne son archétype.

On peut tout dire sur lui.

Il est sale. Il n’a pas d’odeur. Il ne fait pas le bonheur. Il est le nerf de la guerre.

On le traite de tous les noms – fric, pognon, radis, foin, trèfle.

On le mélange au temps et les plus illuminés à l’énergie.

Il fond dans les mains.

On peut même le jeter par les fenêtres.

D’autres le mettent de côté.

On l’aime, on le méprise, on lui en veut

Et pourtant il se dépense sans compter. Toujours prêt est dans son intérêt

On le place, le déplace d’une bourse à l’autre.

Il se fait sonner de caisse en banque. Et il encaisse.

De main à main, de poche en poche, une monnaie courante s’essouffle depuis des siècles.

S’il ne s’épargne pas, il risque d’être à court.

Pour ne pas être dans le rouge, il en fait trop.

Pour ne pas être à sec, il devient liquide.

Il n’est pas déçu au soir venu de dormir dans un compte d’épargne

Il gèle si on le met à la retraite. Ça lui prend des couvertures!

Lorsque pris la main dans le sac, il est confondu.

Par-dessus tout, il aime être touché et déposé.

Il se prête aux avances sans tracas.

Car c’est votre intérêt qui compte!

 Enserré dans un rouleau pour la banque, il en fait une crise d’identité.

De métal et papier, il devient plastique. Léger et volatile, il se fait plus ratoureux.

Il tend des pièges à jeunes. Des arnaques aux vieux.

Au noir de sa vie, il est voué aux désirs matériels plus qu’à l’avenir.

Il a une réputation qui laisse à désirer encore et plus.

Avec ses capitaux, il connaît tous les péchés du monde.

Il lui arrive de s’envoler dans des pays qui l’abritent.

Dès lors il n’a plus d’adresse, il ne balance plus.

Il se croit au paradis mais se retrouve dans la $ervitude d’un pays appauvri.

En finale, il perd à vouloir gagner.

On se vend pour lui. On tue pour lui.

Pour lui  on opère des coups bas sans vergogne.

Il compte des ruines à son actif.

Acheter et vendre est son lot. Ces verbes se font chers.

Apprécié pour sa valeur d’assurer l’existence, il est comptant et prodigue son avoir

Budgéter est sa qualité. Collectionner, sa vanité.

Il déteste être entassé par l’avaricieux avide, par les forts qui ont du coffre.

Sous les matelas, il entend des plans scabreux qui lui font dressé la ligne verticale.

Les casinos, les lotos l’étourdissent.

À tourner sur lui-même comme un trente sous, il se sent bien penaud

Il préférait les juke-boxes, les téléphones publics et les secrets des amoureux.

Il adore être ramassé sur le trottoir alors qu’il est un petit sou noir.

Dans la poche du sans-abri, il aime écouter les souhaits du cœur.

Il se love auprès des pauvres, des indigents dans leurs bas de laine

Enfermé dans des p’tits cochons, il s’endort. Au réveil il réalise des rêves d’enfants.

Il aime travailler pour une Cause, si petite soit-elle.

Ses réalisations le plus fières deviennent Or.

Il a été créé pour $ervir, initialisé sous le $ceau de l’équité.

Il aime donner et recevoir.

C’est dans la justice qu’il trouve sa paix.

On dit qu’il mène le monde.

Au fond, c’est le monde qui le malmène!

$$$

Le citron et la citrouille – Une histoire de noyaux

 P1000627

Un matin frisquet d’automne, une citrouille est flanquée à la porte.

Sa double vie était commencée! Il faut bien une tête d’affiche pour faire un pied de nez à l’été terminé!

Éventrée, vidée de sa semence, décoiffée, de gros ventre elle devient tête vide.  Découpée, sculptée, décorée, la voilà transformée en lanterne, sans doute en mémoire des marmites et des carrosses.  C’est dans sa chair aspergée d’un jus acide qu’elle fait connaissance avec le citron.

Tenez le coup ma belle! Il ne faut pas pourrir. Qui êtes-vous, rétorqua la citrouille?

Je suis le citron. Où sont vos potages, vos tartes et vos biscuits?

Sur le poêle, je mijote. Vous semblez me connaître à merveille.

Je vous vois bien pressé!

Pressé! Me dites-vous? Ça n’arrête pas. Moi, c’est à l’année.

Excusez-moi, j’ai un appel. Vous désirez? Oui, bien sur comme toujours.

Combien? Trois purifiants, deux hydratants, un émollient. Convenu.

Que disiez-vous?

Grattant la peau coriace de son pédoncule, la citrouille en profite pour se plaindre.

Je crois que j’ai écopé du damné sortilège de la reine du pays d’Alice.  Ils me déchiquètent dans tous les sens, sans scrupule. Ils m’étourdissent avec ces têtes de carême. Une soirée en vedette puis ils m’abandonnent sur les balcons, gelée, entourée de feuilles mortes.

Allons! Ce n’est qu’un cafard. C’est le prix pour être la Reine d’octobre! Regardez plutôt  tous ces regards qui sourient en votre compagnie! 

Voyez  ma vie de fortune pour vous consoler. Je soulage les rhumes. Je nettoie les doigts jaunis. Je blanchis les dents. Je ne reçois que des grimaces!  Dans les produits nettoyeurs, les shampoings, les cosmétiques, on tire mon jus, sans parler de mon zeste, jusqu’à la dernière goutte pour terminer comme une coquille ratatinée. Je pourrais me sentir exploité. Je choisis de me rendre utile. Je suis le pauvre des étalages. J’ai au moins la notoriété d’être un Prix Citron!

Je suis jaune de rire. Le soleil sur moi se complaît en bienfaits. C’est ce qui m’importe. Dites-moi, serions-nous de la même parenté?

Vous m’en donnez envie, s’exclame la citrouille. À vous voir aller, je ne peux me figurer un citron qui a la trouille. 

Si peu de pépins et autant de possibilités, voilà un petit qui donne gros, songe la citrouille.

J’ai de la graine, réalise la citrouille.  Ne pas être à la hauteur serait une farce !

Pas de déconfiture, madame. Sortez de votre carrosse, sautez dans la marmite, cuisinez votre substance.

Qu’importe. Offrez ce que vous voulez recevoir.  Votre don sera votre gloire!